Parce que „ Une mère ne peut pas être comme ça… ”
C'est là le principal obstacle à la reconnaissance d'une femme narcissique : la société refuse de croire à son existence.
Les mères sont attentionnées. Les femmes font preuve d'empathie. L'agressivité féminine se traduit par des „ commérages ” ou de la „ jalousie ” – ce qui, en soi, ne constitue pas une violence grave.
C'est ce point aveugle qui rend la femme narcissique particulièrement dangereuse. Car ses victimes – ses partenaires, ses enfants – ne reçoivent aucune aide. Personne ne les croit.
Les caractéristiques d'une femme narcissique
Le narcissisme féminin est plus souvent caché (covert) qu'ouvert. Cela s'explique en partie par des raisons sociales : chez les femmes, un comportement ouvertement dominant et égoïste est davantage „ sanctionné ”. C'est pourquoi les femmes narcissiques apprennent à dissimuler leur véritable fonctionnement.
Les manifestations les plus courantes :
1. Manipulation émotionnelle
La femme narcissique suscite un sentiment de culpabilité. Elle s'offusque de tout et se replie sur elle-même. Elle punit souvent par le silence. Elle n'exprime pas clairement ce qu'elle veut, se contentant de dire : „ Si tu m'aimais, tu saurais ce que je veux ”. Elle manipule par des larmes et des soupirs, et se maintient constamment dans le rôle de victime.
2. Agressivité relationnelle
Il ne cesse de colporter des ragots, de nuire à la réputation de son conjoint et de ses enfants. Et celle de tous ceux qui l’entourent. Qu’il s’agisse d’un ami, d’un collègue ou d’un voisin, il trouvera forcément quelque chose à dire – même en déformant la vérité – qui jette un éclairage négatif sur l’autre. Il t'exclut, t'isole, oublie „ par hasard ” de te dire des choses importantes qui te concernent. Il manipule tes relations, crée des triangles amoureux.
3. La rivalité avec d'autres femmes – et avec sa propre fille
Elle est jalouse des femmes plus jeunes, plus belles et plus brillantes qu'elle, et considère sa propre fille comme une rivale. Quels que soient les succès de son enfant, la mère narcissique peut certes s’en vanter en apparence – tout en ajoutant que cela n’aurait pas été possible sans elle –, mais elle ne les célèbre pas sincèrement, tout au plus de manière ostentatoire. Si l’enfant remporte de petits succès, elle les minimise, car cela ne lui permet pas de se mettre davantage en valeur. Elle s’immisce dans les relations de son enfant et, bien souvent, l’humilie devant les autres sous un prétexte „ humoristique ”.
4. Le maintien de l'image de la „ mère/épouse parfaite ”
Bien sûr, en apparence, il est attentionné, aimant et prêt à se sacrifier. Mais à la maison, il est froid, critique et autoritaire. Les apparences priment toujours sur la réalité. Ce que pensent les autres compte davantage que ce que vit son entourage immédiat.
La mère narcissique
Une mère narcissique est la plus grande tragédie pour un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant n'a personne vers qui se tourner. Souvent, le père ne s'en rend pas compte, car il est accaparé par ses propres blessures. Le monde extérieur n'y croit pas. Et l'enfant est trop petit pour comprendre ce qui se passe.
Comment se comporte une mère narcissique ?
L'enfant est le prolongement de lui-même. L'enfant n'est pas une personne à part entière, mais „ son enfant ”. Et pas dans le sens positif du terme. L'enfant est le reflet de lui-même. La réussite de l'enfant est sa réussite. L'échec de l'enfant est sa honte.
Il rivalise avec son enfant : Avec sa fille, c'est en matière de beauté, de réussite et de relations. Avec son fils, c'est également en matière de réussite, d'attention accordée par le partenaire et de contrôle. L'essentiel, c'est que l'enfant ne reçoive pas plus d'attention qu'elle.
Cela suscite un sentiment de culpabilité. Elle fait croire à l'enfant qu'elle fait tout pour lui, qu'elle souffre uniquement pour que l'enfant s'en sorte, et que s'il lui tient tête ou échoue, il ruinera la vie de sa mère. L'enfant lui est „ redevable ” pour toujours.
Émotionnellement inaccessible : Elle ne tient pas compte des sentiments de l'enfant, mais celui-ci est souvent son „ thérapeute ”. Les besoins de l'enfant passent toujours au second plan ; il doit s'adapter aux besoins et aux envies de sa mère.
L'amour conditionnel : Si l'enfant obtient de bons résultats, elle peut se montrer gentille. Mais si l'enfant n'obtient pas de bons résultats, elle s'énerve, se renferme sur elle-même et le punit par son silence et sa froideur. Elle enseigne ainsi à l'enfant que l'amour est toujours soumis à des conditions. Ses conditions à elle.
La femme/partenaire narcissique
Comment se comporte-t-il ?
Au début de la relation, elle éprouve un „ amour ” intense, le sentiment d’avoir „ enfin trouvé son âme sœur ”. Elle s’engage rapidement et incite son partenaire à faire de même. Elle est irrésistible ; l’homme se sent souvent comme un „ sauveur ”, celui sur qui la FEMME s’appuie. Et dans ces moments-là, la femme narcissique peut effectivement se révéler être un soutien dévoué.
Une fois engagée dans la relation (ce qui survient souvent après le mariage ou la naissance du premier enfant), elle commence à critiquer son partenaire, son apparence, sa famille et son travail. Elle prend le contrôle des finances familiales (même si seul l’homme travaille), de la vie sociale et du temps de son partenaire. Elle est jalouse de toutes les femmes, des amis, des membres de la famille ; elle s’emporte souvent et fait des scènes. Bien sûr, tout cela se passe uniquement derrière des portes closes ; en société, elle bavarde et sourit avec tout le monde. Elle manipule tout le monde. Avec elle, la vie est des montagnes russes émotionnelles, une alternance de bons et de mauvais jours, qui peut même se résumer à de bons moments et de mauvaises journées. Elle se pose toujours en victime, c’est toujours elle qui souffre le plus. Et elle souffre à cause de tout le monde et de tout, car tout ne peut tourner qu’autour d’elle. Si quelque chose ne se passe pas comme elle l’entend, elle menace les enfants, fait allusion au suicide ou à un scandale.
Si l'homme veut partir
Il lance une campagne de diffamation. Il invente des histoires qui lui permettent de rallier non seulement son cercle de connaissances restreint, mais aussi son cercle plus large. Elle fait passer pour des „ singes volants ” tous ceux qu’elle peut. Elle utilise et sacrifie ses enfants, manipule son entourage, n’hésite pas à mentir devant le tribunal, auprès des services de protection de l’enfance ou à la police. Et comme c’est une femme, une excellente comédienne et une conteuse hors pair, tout le monde la croit quand elle affirme : „ C’est moi la victime, l’homme est l’agresseur ”.
Pourquoi est-ce particulièrement difficile à détecter ?
1. Le point aveugle de la société
On considère les femmes comme „ inoffensives ”. Une femme peut „ tout au plus ” être dramatique, émotive, compliquée… mais violente ? On a du mal à se l’imaginer…
2. La loyauté des enfants
L'enfant veut aimer sa mère. Même si celle-ci est destructrice. Prendre conscience que „ ma mère est narcissique ” constitue le fardeau psychologique le plus lourd qui soit. Beaucoup le nient pendant des décennies avant de parvenir à l'accepter.
3. La mère, „ vache sacrée ”
Selon la société, on ne doit pas critiquer les mères. Si quelqu’un dit : „ Ma mère m’a maltraité ”, la réponse est souvent : „ Mais c’est ta mère ! Elle t’a sûrement aimé à sa manière. ” L’enfant se retrouve alors complètement seul, car les gens ne prennent pas le temps de réfléchir à ce qu’il a vécu pendant toutes ces années. Dans quelle oppression, quelle agression, quelle honte il a passé sa vie. On ne demande pas à l’enfant comment il va, on ne lui demande pas ce qu’il a enduré. On remet seulement en question l’enfant et on excuse la mère.
Ce n'est pas de l'aide. C'est réduire la victime au silence.
Si tu avais une mère narcissique
- Ce n'est pas ta faute. Quoi qu’on t’ait dit, même si tu avais l’impression que „ c’était toi le problème ”, ce n’était pas le cas.
- On a le droit d'être en colère. Même si c'est ta mère.
- Il faut respecter la distance de sécurité. Le lien maternel ne t'oblige pas à laisser cette personne détruire ta vie.
- On a le droit de faire son deuil. Cette mère dont tu aurais eu besoin et que tu n'as jamais eue.
Dans le prochain article, j'aborderai la question suivante : comment savoir avec certitude si quelqu'un est narcissique ? Quels sont les signes et les comportements qui permettent de le reconnaître ? Mais comme d'habitude, je vais d'abord vous raconter une histoire.
L'histoire de Théo
Theo était un petit garçon très curieux. Il touchait à tout, essayait tout, posait des questions sur tout. Son père occupait un poste de cadre intermédiaire dans une entreprise ; il travaillait énormément, car sa mère s'occupait du foyer. Sa mère avait des exigences élevées, alors son père travaillait d’arrache-pied pour que l’argent suffise à tout. Une femme de ménage, un jardinier, de belles voitures, une grande maison.
Theo s'est mis au tennis et a remporté de grands succès. C'était sa mère qui l'emmenait aux entraînements et aux tournois, car son père était toujours au travail. Lorsque, très rarement, son père avait du temps libre, c'était un véritable événement. Il adorait passer du temps avec son père, car il pouvait lui poser des questions, celui-ci n'était pas toujours tendu et ne passait pas son temps au téléphone : ces moments passés ensemble étaient des moments privilégiés.
Mais il en voulait aussi à son père. Car sa mère ne cessait de lui répéter que son père passait sûrement son temps à courir après les femmes, qu’il n’avait pas le temps pour lui parce qu’il n’aimait pas son enfant. Et Theo en prenait tristement acte.
Ses parents se disputaient souvent. Dans ces moments-là, il avait très peur.
Après une telle dispute, il est tombé gravement malade le lendemain – alors qu’il n’était plus tout petit, il avait déjà plus de quatorze ans. Avant cela, sa mère s’était également disputée avec lui parce qu’il n’avait pas fait quelque chose qu’on attendait de lui. Sa mère l’avait finalement puni en lui imposant le silence. C’est précisément cela qui a déclenché la dispute entre ses parents.
Le lendemain, il était allongé dans le salon, malade, et s'était endormi. C'est alors que son père est rentré à la maison. Il lui a annoncé avec joie qu'il allait être promu : beaucoup plus d'argent, beaucoup plus de responsabilités, mais moins de travail – il pourrait ainsi passer plus de temps avec Théo.
Mais la joie du père fut de courte durée. Les parents se sont à nouveau disputés, car la mère a déclaré haut et fort qu’elle n’avait même pas apporté de médicaments à Théo, car, en raison de son comportement, il „ ne le méritait pas ”. Son père s’est mis très en colère. Ils se sont lancés des reproches. Théo n'a pas bougé, il s'est contenté de les écouter.
Son père a fini par appeler le médecin.
Le lendemain, il était encore très malade. Il a supplié qu'on le laisse s'allonger dans le salon. Il était allongé, les yeux fermés, très affaibli. Sa mère croyait qu'il dormait.
Puis sa mère a appelé quelqu’un au téléphone. Theo l’a entendue raconter à quel point elle avait beaucoup à faire, car l’enfant était malade et qu’on ne pouvait pas compter du tout sur son mari. Elle a raconté une histoire à propos de cette promotion – mais pas telle qu’elle avait été présentée. Elle l’a présentée comme si son père n’en faisait qu’un vœu pieux, mais que cela n’arriverait jamais.
Puis il a appelé quelqu’un d’autre. Là aussi, il a joué le rôle de la victime. À propos de son père, Théor, et de ce qui s’était passé… rien que des mensonges.
Theo était assez grand pour se rendre compte que ça n'allait vraiment pas.
Quand son père est rentré à la maison, elle lui a demandé de l'accompagner dans sa chambre. Puis elle lui a posé des questions. Elle a demandé à son père : « Alors, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu passes si peu de temps avec elle ? Qu'est-ce que tu ressens ? Qu'est-ce que tu penses ? Pourquoi tu n'as pas encore quitté sa mère ? »
Ses réponses l'ont rassurée. Elle s'est endormie. Le lendemain, elle se sentait déjà beaucoup mieux.
Son père a effectivement été promu. C'est lui qui a commencé à l'emmener aux entraînements. Ils discutaient tout le temps.
Un an plus tard, ils ont décidé de déménager.
Theo consulte actuellement un psychologue, prépare son bac, joue au tennis et participe à des compétitions. Il ne voit sa mère que pendant les vacances.
Il se remet. Et il peut enfin poser des questions – sans avoir à craindre la réponse.
